Mon potager anti-crise est en crise

"Le potager anti-crise" de Rodolphe Grosléziat, chez Ulmer, paru en avril, vous connaissez ? Ce livre, beau et joyeux, est parti pour être un must-have chez les aficionados de la patate et du poireau, ceux qui aiment avoir les mains dans la terre et les yeux au ciel pour la météo. D’accord, d’accord.

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Rodolphe est un un ami d’adolescence (on s’est connus au collège à Amiens, on faisait du russe tous les deux, ça crée des liens). A l’époque, il s’intéressait plus aux filles qu’aux semis de basilic. Il était vivant, féroce et drôle. Et maintenant c’est une star, invité sur France Inter, portraituré par les soins d’une amie mienne dans Terra eco.

Son livre nous dit, en gros, combien le potager - bio - fait faire d’époustouflantes économies (trois Smic par an, quelque chose comme ça), nourrit admirablement pour cause de qualités nutritives supérieures, soude la famille, fabrique une conscience environnementale. C’est aussi un guide pratique complet, précis, coloré.

Rodolphe. Ma petite maman m’a offert ton livre alors que mon potager de l’année dernière était revenu à son état premier, composé d’herbes folles, invisible. Alors que je te lisais décrivant l’art savant du greffon, j’observais de l’autre côté de la vitre ce carré vert amazonien. Désespérée.

Nous l’avons "motoculturé", avons épandu le compost (la vache, que j’ai mal organisé mon coin compost cette année, j’en ai retrouvé par miracle sous une vieille botte de foin, c’est dire). Tandis que je découvrais ton savant système de pompe à eau de pluie, ton fenouil officinal et ta pimprenelle, je plantais tout bêtement trois rangées de salades, une de tomates cerise, une de fraisiers... Plants qui évidemment ne viennent pas de mes semis mais du marché.

A l’heure où nous parlons, les "mauvaises" herbes menacent déjà, les fraisiers font la gueule, des tas de graines fantastiques dorment dans une boîte à chaussures. Je veux y aller, mais j’ai du linge à plier comme si j’étais blanchisseuse dans une colo, et du boulot par dessus la tête. Je regarde mon nouveau potager avec amour et frustration. Une demi-heure par jour ? T’es sûr ?

Je progresse, cependant. Je suis certaine de ma progression. Mon compost est rationnalisé (avec un bac ad hoc). Mes salades sont en ligne, et mes radis aussi (l’année dernière, c’était un bazar sans nom). J’évite les herbes folles mais je prends garde à ne pas laisser la terre complètement nue en y déposant pour partie ce que j’arrache. J’ai recouvert d’une bâche noire la partie du jardin non encore semée.

C’est bien, non ? C’est mieux que l’année dernière ?

Je feuillette ton livre. Je le repose, tétanisée par le chemin qui me reste à accomplir. Allez Rodolphe, bon vent !


Vos commentaires

  1. Rodolphe

    Salut Emma,
    J’ai été surpris par le portrait que tu fais de moi minot... et là... j’ai vu mon grand Léo qui rentre dans l’adolescence la tête haute et je me suis dit qu’il avait de ça... et que les chats ne font pas des chiens...
    Haaaa...

    Le bouquin vit une très belle aventure (très bien reçu par la presse et surtout les lecteurs, prix Chapitre Nature...) et l’article de Terra éco n’y est pas étranger. J’ai eu beaucoup de retours allant dans ce sens.

    Pour ce qui concerne le jardin, je suis sûr que tu minores tes qualités de belle jardinière... En tout cas le mien t’est grand ouvert.

    Bises à toi (et merci beaucoup pour ce billet)